C’est le Coeur qui Lâche en Dernier – Margaret Atwood

9782221192092Informations : 
Auteur : Margaret Atwood
Titre VO : The Heart Goes Last
Edition : Robert Laffont
450 pages
22€

Quatrième de Couverture : 
Stan et Charmaine ont été touchés de plein fouet par la crise économique qui consume les États-Unis. Tous deux survivent grâce aux maigres pourboires que gagne Charmaine dans un bar sordide et se voient contraints de loger dans leur voiture… Aussi, lorsqu’ils découvrent à la télévision une publicité pour une ville qui leur promet un toit au-dessus de leurs têtes, ils signent sans réfléchir : ils n’ont plus rien à perdre.
À Consilience, chacun a un travail, avec la satisfaction d’oeuvrer pour la communauté, et une maison. Un mois sur deux. Le reste du temps, les habitants le passent en prison… ou ils sont également logés et nourris ! Le bonheur. Mais le système veut que pendant leur absence, un autre couple s’installe chez eux avant d’être incarcéré à son tour. Et Stan tombe bientôt sur un mot qui va le rendre fou de désir pour celle qui se glisse entre ses draps quand lui n’y est pas : « Je suis affamée de toi. »
Avec C’est le coeur qui lâche en dernier, Margaret Atwood nous livre un roman aussi hilarant qu’inquiétant, une implacable satire de nos vices et travers qui nous enferment dans de viles obsessions quand le monde entier est en passe de disparaître.

Mon Avis :
C’est le premier livre que je lis de l’auteur et j’ai tout simplement adoré. L’auteur nous montre le meilleur du pire et le pire du meilleur. Un livre tout en contraste, tout en paradoxe. Une vive critique de l’humanité et de ce qu’elle est amenée à devenir.

Jusqu’où sommes nous prêts pour vivre comme nous l’entendons ?
C’est autour de cette question que tout le livre va s’articuler. Une question anodine en apparence mais qui ne l’est plus quand son pays traverse une crise financière digne des années 30 et que la région habitée devient un pays de non-droit où la criminalité est la presque la seule solution pour s’en sortir. Sous couvert d’une chose presque idyllique sur papier nos personnages vont découvrir que la vérité n’est pas aussi rose que  l’on a bien voulu nous faire croire. Consilience et Positron sont deux entités coupées du mondes et où tout s’y passe merveilleusement bien, du moins en apparence. Mais en grattant les différentes couches de vernis on se rend compte que Consilience et Positron servent des desseins bien plus sordides.
C’est là que le bat blesse. Car l’auteur frappe où ça fait mal : l’incrédulité des gens. Qui n’occulte pas le reste quand ce que l’on nous sert sur un plateau est trop beau pour être vrai ? C’est tout simplement humain. L’auteur joue cette carte de la perversité et l’exploite merveilleusement bien. Tout les vices sont usés et utilisés contre nos personnages qui seront mis à rude épreuve. J’ai plus qu’aimé ma lecture, l’auteur fait de son lecteur un pantin et s’amuse de son ignorance. Elle m’a totalement perdue et retrouvée. Au travers d’une fiction rondement menée, Margaret Artwood dénonce des dérives qui peuvent sembler sortir d’une science-fiction et qui pourtant sont appelée à devenir quelque chose de commun.

Stan et Charmaine sont un couple comme on en trouve tant d’autres. Mariés, ils avaient tout pour réussir mais la crise financière et la perte de leur emploi les a mis sur la paille et les a fait déchanter plus vite que ça n’aurait dû arriver. Stan est de nature méfiante et Charmaine est l’innocence incarnée ce qui n’empêchera pas l’un ni l’autre de se faire avoir et de devoir vivre un enfer pour éventuellement sortir de ce paradis perdu.
L’auteur nous sert une palette de personnages tous plus différents et tous plus retors à leur manière. Des personnages qui savent montrer le meilleurs mais aussi le pire de l’humain. 

J’ai adoré le côté subversif et critique aiguisé de notre société en devenir. L’auteur perçoit l’actualité avec un œil vif et arrive à se l’approprier pour en créer un univers propre pas si loin que ça de la réalité qui nous attend. C’est également mon premier livre de l’auteur mais certainement pas le dernier. Mordant, cynique et passionnant sont des mots que Margaret Artwood n’a assurément pas volé.  

Un commentaire

  1. On entend tellement parler de cette auteure en ce moment autour de La Servante écarlate que ça fait du bien d’entendre évoquer d’autres titres d’elle. On constate qu’elle a des thèmes de prédilections auxquels elle semble attachée et ça donne envie de découvrir ce roman !

    J'aime

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s